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Une pièce de théâtre originale qui pousse à la réflexion. Partenariat ♥

  • 8 août 2015
  • 5 min de lecture

" Epopée de la nuit : Première heure"

de John Nash F. Agera

Merci à l'auteur d'avoir accepté ce partenariat. ♥

INFORMATIONS : Ce texte est déconseillé au moins de 16 ans et est conseillé à un public averti. La pièce contient trois actes, coupées en trois "heures"

Le Résumé :

De l'Occident à L'Afrique De l'Occident à l'Afrique, l'envers et l'endroit se télescopent dans une dérive globalisée de la débâcle humaine. Les personnages font corps à la solution d'urgence qui les hante. La grammaire pernicieuse auto-accusatoire de la culpabilité individuelle a explosé. Calo Brooklyn.

Mon avis :

Une introduction compliquée...


Lorsque l'on commence un livre, la logique veut que l'on commence par le début. La pièce est précédée par une introduction écrite par Calo Brooklyn, que je n'ai pas aimé.


Les mots utilisés forment des phrases un peu floue pour moi. Je n'ai peut-être pas assez de vocabulaire emmagasinée pour tout comprendre et cela m'a beaucoup freiné dans mon attente de compréhension. J'ai donc été déçu par ce début. Je pense qu'une présentation par les mots de l'auteur lui-même, aurait permi de dégager plus facilement ses intentions et ses buts. Dommage !


Une pièce originale, déroutante qui pousse à une réflexion.

A la lecture de cette pièce, le mot "original" m'est venu à l'esprit. Il n'y a pas de scènes, pas d'actes, la construction est donc un peu aléatoire.


Mais il y a des personnages que j'ai aimé découvrir. On retrouve, entre autres, un homme, un jeune homme et deux africains. Deux dialogues, de multiples sujets abordés coupés par des chants, des paroles. Le lecteur se trouve face à un décor très bien décrit :


"Une mégalopole.

La nuit.

Une rue de la vieille ville.

Des immeubles anciens, un réverbère,un banc, des poubelles.

Non loin un urinoir, un arbre.

Une palissade masquant le chantier d’unimmeuble en démolition.

Le silence de la rue"


... que l'on oublie vite puisque presque tout se joue dans l'échange de paroles censées des personnages.


Je vous partage mes notes après la lecture des premières répliques : "Original ! Pertinant ! Les premières répliques m'envoûtent totalement ! Une succession de gestes racontés par des didascalies bien écrites que j'ai aimé imaginé. Suprenant dès le début ! "


On retrouve d'ailleurs dans les échanges verbaux une recherche d'impact sur le spectateur, marqué par la didascalie répétée de nombreuses fois "Un temps."


Surprenant aussi par le récit d'un acte sexuel, presque un viol pour le personnage " Un jeune homme", pris comme un objet de désir et de plaisir, l'écriture parfaite de ce passage permet la réflexion du lecteur. Je me suis alors posé la question " Mais pourquoi cette violence sexuelle ? La recherche du plaisir par un homme qui doit se prostituer donc qui n'en ressent pas. L'accès du plaisir égoïste, on n'en donne pas, on en prend.


L'écriture, elle-même est bouleversée par la vulgarité voulue des propos. Il a amené, ici, le lecteur dans une intimité d'une scène de sexe, vulgaire, presque malsaine. Déroutant certes mais original ! "Fais moi jouir coco, fais moi jouir encore,vas-y suce, bouffe-moi la queue !…Ha !... Toi t’es un vrai artiste des lèvres et de la langue !…"


Il y a une forte présence de la psychologie, on cherche à comprendre, le monde, les sentiments. On est bouleversés, destabilisés, par le discours de ces personnages. Cette réflexion des personnages fait forcément réfléchir le lecteur, si bien que la phrase répétée dans la pièce " Tout cela n'a aucun sens" nous pousse à en chercher un.


Les discours sont donc au centre de la pièce, c'est logique et attendu, et donc le discours des africains m'a énormément plu. Ils critiquent leur place dans une société qui fait une différence pour les droits entre riches et pauvres. Un clivage qui persiste, et qui est montré par le constat de ces deux personnages, Kasay et Jéthro Le lecteur se demande alors " Riche = digne ?" . Pour moi, la réponse est non. Et les africains le prouvent bien évidemment. Leur pauvreté n'enlève pas leur pensée, leur envie de changement. Cependant, la référence faite à Hitler m'a gêné. Sans citer son nom ce qui suit est parfaitement compréhensible :


"Kasay : Non, c’est une extinction lente et programmée. La théorie d’Hitler de la race supérieure améliorée. Ces vautours assoiffés de notre chair ont rendu la théorie d’Hitler implacable pour être appliquée à la tête de tous les gouvernements du monde et être imperceptible aux yeux des peuples. Il y a d’abord division du monde en castes : les riches sont riches et ne deviennent jamais des pauvres ; même leurs enfants deviennent des riches. Les pauvres sont pauvres et nedeviennent jamais des riches. Ils sont à toutmoment à la recherche de la nourriture et dela survie. Ils n’ont pas le temps de créer une progéniture… Et puis c’est la suppression de la classe moyenne par le chômage de la majorité des jeunes, hormis les leurs bien sûr. Voila ! Même le langage est divisé. Les mots des riches sont appelés « langage noble » etceux des pauvres « langage de la rue ».


L'auteur m'a aussi évoqué l'artiste Joseph Beuys qui est clairement repris dans la pièce. Je vous invite donc à lire l'article suivant : http://inferno-magazine.com/2011/12/05/joseph-beuys-i-like-america-and-america-likes-me-1974/


Et si elle était jouée devant moi ?


J'ai donc imaginé le décor, que j'ai évoqué juste au dessus en citant le passage, j'ai aussi imaginé la place des personnages.


En lisant, il n'y a pas que le visuel qui ressort, il y a surtout ce que l'on entend. Tout d'abord les chants : ils coupent les dialogues, amènent un sens, déroutent. Je n'ai pas toujours compris pourquoi, ni le sens, mais leur présence ne m'a pas gêné. Au contraire, l'originalité est encore plus présente. Puis, les voix qui interviennent notamment à la fin de la pièce. On ne les voit pas, on les entend et c'est ce qui importe le plus au final.


J'ai compris quelque chose d'essentiel : c'est ce que l'on entend qui est le plus important.


La pièce est coupée par des images réalisées par Toze Figueiredo. On retrouve l'art africain, et le style de Picasso. Cependant, je n'ai pas compris le sens, et leur place dans la pièce. J'ai trouvé qu'il manquait ici une note écrite par l'artiste. Que viennent-elles faire là ? Je n'ai pas su répondre moi-même à cette question. Cependant, je ne remets en aucun cas la créativité et le talent de l'artiste cité.


Pour conclure


J'ai aimé lire cette pièce, elle a vraiment excité mon envie de comprendre, de découvrir. Mais je n'ai pas compris tous le sens, de tous ces mots. Je pense que jouer sur scène cette pièce peut être magique parce qu'elle l'est déjà sur papier. Le plaisir de l'auteur est exprimé par le plaisir de la lire. Merci donc à l'auteur pour ce partenariat. ♥


Ma note : 4/5 Je vous invite toutes et tous à lire cette pièce pour faire votre propre opinion. Certaines paroles pourront amener chez vous un autre sens.






 
 
 

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